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À l'occasion de la sortie d'Alien:Covenant, revenons sur le premier film d'un dyptique qui fait peur, idéologiquement j'entends...

Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant à bord du Prometheus jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend.

Voilà pour le pitch Allociné.

Ce que le pitch ne nous dit pas c'est que ce film est un film de Ridley Scott. Parce que Ridley Scott le revendique de manière quasiment biblique. Il FAUT dire que Prometheus est un film de Ridley Scott. Sinon ça n'a aucun sens, on n'en prend pas la mesure, on ne comprend pas tout simplement, on passe à côté.

Tout simplement parce qu'Alien est un film de Ridley Scott et et Ridley Scott revient sur les origines de la mythologie qu'il a créée. Ridley Scott, compris? RIDLEY SCOTT. Exit James Cameron et son Aliens, exit les artistes qui ont travaillé sur cette mythologie, exit tout le monde, RIDLEY SCOTT revient.

Voilà en gros ce qu'il faut savoir sur ce film con et qui se fout royalement du spectateur. Mais développons où je veux en venir. À 75 ans, Papi Ridley décide de revenir sur la franchise qui l'a fait connaître, chargé derrière lui de films comme Christophe Colomb, Gladiator, Kingdome Heaven ou encore le lourdingue Robin des bois, des films où la figure mystique apparaît progressivement pour finalement nous dire que Dieu c'est finalement ni plus ni moins que Ridley Scott lui-même, et tout ça sans parler du futur Exodus. Parce qu'il faut bien comprendre le bonhomme. Abonné aux questions métaphysiques et prêt à y répondre avec sa caméra, Scott est réalisateur de blockbusters à qui on laisse tout faire, parce que quoi qu'il fasse ça rapporte du pognon. Et ouais Ridley Scott est à la solde des costards cravates d'Hollywood, sans aucune âme, un bon artisan qui torche des grosses prods qui ramènent de la caillasse alors pourquoi pas continuer tant que papi casse la baraque. Et v'là-t-i pas qu'il veut revenir sur sa franchise originelle et nous pondre un bon gros film de SF se prétendant un film grandiose, un retour aux origines, un truc bien chiadé avec de grands questionnements mystiques et des réponses bien cadrées à toutes les questions qu'ont suscité la quadrilogie Alien. Allez filons lui un paquet de pognon et y a plus qu'attendre que la tune tombe. Sauf que Ridley entre temps et au fil de ses films s'est improvisé Grand Créateur revisitant les Mythes de l'Histoire humaine et que là ça va balancer sévère. À croire qu'il se prend réellement pour Dieu plutôt que chercher une place en maison de retraite.

Alors papi Ridley nous sert une bonne histoire de créateurs, des êtres qui auraient donné la vie sur Terre notamment et à tout un tas de bestioles, comme les... Aliens! Eh ouais, nous sommes le fruit d'une expérimentation extra-terrestre faite par des grands bonhommes tout blanc, bien baraques et qui nous ressemblent trait pour trait. Chez Ridley Scott c'est comme ça et pas autrement. Sauf que ces ingénieurs ont créé pire! Des bestioles capables de les décimer.

Bon, on se dit pourquoi pas. Alors les Humains là dedans? Bin on s'en branle. Enfin papi Ridley lui s'en branle bien puisque visiblement le développement des personnages a du être rayé du scénar. Passons sur une Charlize Theron qu'on ne sait pas ce qu'elle fait ici, des techniciens tous plus idiots que les autres (enlever son casque parce qu'il y a de l'air!), certains ne servant que de chair à canon inutile (le capitaine et ses deux lieutenants qui se sacrifient on ne sait pas pourquoi), des incongruités scénaristiques toutes plus bêtes les unes que les autres, la liste serait longue tant les personnages ne sont traités que comme des abrutis congénitaux. Seul David l'androïde semble avoir subi un traitement plus délicat, confirmant la vision désenchanté d'un auteur qui ne trouve plus de l'intérêt que dans les robots et les monstres. L'Homme ne sert plus vraiment à grand chose dans ce film, à part déclencher les péripéties et questionnements pseudos métaphysiques.

Non décidément Scott a fini de s'intéresser à l'homme qu'il créé sur la pellicule et préfère devenir un Dieu miséricordieux balançant quelques dilemmes par ci par là sans vraiment s'en soucier, les manipuler comme des marionnettes sans âme et leur faire traverser des aventures dont on se contrefout. Et puis tient pourquoi pas une scène chirurgicale où Noomi Rapace extrait de son corps un méchant bébé alien, histoire de rappeler aux geeks nostalgiques la Ripley du bon vieux temps, une femme forte et la thématique de la naissance et du rapport à la maternité propre à l'héroïne de la trilogie. Un manque tragique de finesse dans l'écriture et des ficelles grossières achèvent là un film qui avait tout à dire mais qui n'a finalement aucune trippe et délaisse prodigieusement son spectateur. Jamais nous n'entrons dans l'histoire, jamais il n'y a empathie si ce n'est pour le droïde (c'est dire!), jamais d'enjeux sérieux ne nous sont proposés à nous, spectateurs. Ridley Scott balance ses révélations sur l'origine de la vie, nous sappe par le même coup l'origine du Space Jokey tant fantasmé. Voilà, on peut résumer ce film à ça : une rationalisation de l'univers Alien qui pendant 30 ans a fait fantasmer les cinéphiles. Et bin maintenant c'est fini, le créateur est revenu sur sa créature et détruit son propre mythe.

Alors, avec tout ça, c'est sûr que perché là haut dans les cieux, le réalisateur nous torche un bon gros bidon de lessive SF chiadé certes, mais sans aucun intérêt.