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Ah les petites productions indépendantes, bricolées avec 3 €, des acteurs à la ramasse, un scénario vu et et revu et le potentiel retour de la Hammer qui tente désespérément de refaire surface après quelques pépites il y a de ça 50 ans. Se rendre plus jeune grâce aux talents de nouveaux réalisateurs qui ne demandent qu'à exister et des scénarios qui tiennent sur une nappe de table, bien crasseuse, tâches de café et de vin de fin de banquet.

On en tient un là, de prototype de cette forme de production faite avec que dalle pour rentabiliser le peu d'argent investi et capitaliser sur une franchise old school qui ne trouve pas son second souffle. Pasque que faut pas déconner, bye bye la Hammer et la grandiloquence d'antan, bonjour le 21ème siècle où tout ou presque a déjà été fait.

On se retrouve avec un Wake Wood, vaine tentative de redonner ses lettres de noblesse à un studio par la cuvette des chiottes.

Résumons : Toujours traumatisés par la mort de leur fille unique, Alice, suite à l'attaque d'un chien enragé, Patrick et Louise déménagent dans la petite bourgade reculée de Wake Wood. Lui est vétérinaire, elle pharmacienne. Tous deux tentent de survivre à la mort de leur fille. Bientôt ils découvrent que les habitants de la bourgade ont d'étranges manies. Des trucs de sorcellerie qui permet de redonner vie à un être cher décédé dans les neuf mois pour lui permettre de revivre pendant 3 jours. Ni une ni deux les deux protagonistes prennent contact avec le maire, meneur de la cérémonie, pour retrouver leur chère Alice. Les choses se font et Alice revient.

Alors là on se pose des questions : Comment vont se passer ces 3 jours? Comment rendre leur fille au bout des 3 jours? Comment vont réagir les sorciers (on parle bien de sorcellerie?) quand ils apprendront qu'Alice est morte il y a 11 mois? Quid de la durée de gestion chez les hommes et les bovins? Les paysages seront-ils toujours aussi bucoliques après ces évènements?

Patrick donne naissance à un veau et le rituel y ressemble grandement quand sa fille est extraite d'un cocon de terre. Et puis on la lave et là elle vit. Oh mon Dieu elle est là présente, à nos côté, c'est si merveilleux. Filmé comme une pub Mirlaine, les retrouvailles sont merveilleuses, et vas-y que je cours dans le jardin et que je joue avec mes parents dans le meilleur des mondes. Ah c'est beau.

Non, non, faut pas déconner c'est filmé avec les pieds, monté n'importe comment et surtout le scénario est foireux jusqu'à son final tonitruant sans aucun sens (on a berné les sorciers parce qu'Alice est morte il y a 11 mois alors que c'est maxi 9 mois) avec une chute qu'on aurait préféré voir plutôt qu'un sous entendu absurde. Au moins on aurait notre dose de gore, d'images dérangeantes même si ça ne sert à rien, au moins on aurait quelque chose à se mettre sous la dent. On est dans la Hammer merde.

Le réalisateur s'avère plus à l'aise dans les images d'une Angleterre bucolique avec les oiseaux et les arbres plutôt que dans les scènes éprouvantes qu'il évacue d'un revers de main. Aucune scène angoissante, un peu comme si ça faisait peur au réal ou aux executives, alors que le propos s'y prêtait idéalement.

Bref un film de genre, certes, mais qui n'arrive jamais à décoller, à jamais prendre possession de son sujet, à rendre justice à la jeune actrice qui interprète Alice, toujours juste, à rendre perceptible le malaise de cette résurrection miraculeuse.

Et le plus triste c'est qu'on a rien d'autre à dire à propos de ce film, un film vendu par la Hammer comme un bidon de lessive ou plutôt comme des couverts jetables à tout à 2€, on le prend, on le mate difficilement et l'oublie bien vite en se matant un truc bien plus trippant comme Investigations ou Histoires criminelles...