GITS

À quoi ça sert? Sérieux : à quoi ça sert? On passe le film à se le demander, et ça c'est pas bon. On a un métrage animé, certes de 1995, mais qui n'a pas pris une ride et on en sort un film hollywoodien avec des acteurs américains sur le territoire nippon, d'ailleurs Takeshi Kitano s'emmerde pas il parle japonais alors que tout le monde parle anglais. À quoi ça sert? On a les même scènes pompées une par une au plan près sans idée de mise en scène si ce n'est de faire pareil que le dessin animé. Alors à quoi ça sert? Franchement à quoi ça sert de mettre 110 M de dollars pour faire ce métrage sans âme, juste bon à nous présenter une Scarlett Johanson juste bonne à mettre des vêtements moulants? Parce que c'est bien la seule attraction de ce triste spectacle.

À quoi ça sert? Hollywood remake, reboot à tout bout de champ à croire qu'il ne sait pas quoi faire de son pognon.

En plus d'être un remake navrant de l'anime de Mamoru Oshi (parce qu'on ne me fera pas croire au retour au source du manga, faut pas trop nous prendre pour des cons au bout d'un moment), ce film ne tient pas debout une seule seconde. Exit les questionnements philosophiques du modèle, on épure un max parce que le spectateur est con et il faut continuer à le prendre pour un con, des fois qu'il se réveille entre 2 burgers et une bière. On va prendre Scarlett parce que dans la bouse de Besson, Lucy (faut-il le nommer), elle assurait un max alors capitalisons sur le crédit de ce film merdique et sur les tenues moulantes d'Avengers parce que la Scarlett elle est sexe.

Surtout pas de questionnement philosophique ou de dissertation sur la place de la technologie dans notre société, restons à liker sur nos téléphones ça suffit. Et puis on va lui coller une maman japonaise qui parle parfaitement anglais (j'ai vu le film en VO) alors que Takeshi, lui, il s'emmerde pas, faut pas faire chier non plus, il parle japonais et tout le monde comprend et hop on s'en tape le coquillard. De toute façon il a du dire que ça se passerait comme ça et comme on veut un guest prestigieux, bon, bah ok alors. Juliette Binoche, elle, fait l'effort de parler l'english, elle cachetonne mais elle parle la langue qui faut. Ah bah oui, voilà, le film s'adresse aux bouseux du monde entier donc on va se séparer de toute réflexion philosophique ou politique, ça ferait tâche et on va se concentrer sur Scarlett histoire de rentabiliser. Alors on va lui chercher un passé et un médiateur (english lui aussi) entre la réalité et celle virtuelle, l'insipide Michael Pitt, et on invente une histoire de hacking cérébral mais on ne va pas aller trop loin, juste assez pour aider Scarlett a retrouver son passé et là, BAM, on a une histoire. Scarlett retrouve sa maman la japonaise anglophone, ça facilite les échanges. En parallèle on dit que la robotique et l'évolution technologique c'est super dangereux, mieux vaut se contenter de rester à notre niveau, le téléphone portable et la tablette et se faire envahir de publicités qui nous veut que du bien puisqu'elle est en 3D. Contentons nous de ça, c'est déjà beaucoup pour nos esprits, ne cherchons pas plus loin, ça serait dangereux et sub... ah le mot en if.. sub... subversif! Eh ouais faut pas déconner avec ça, on s'adresse au monde entier faudrait voir à pas trop déconner. Sait-on jamais des fois que des mecs se posent des questions sur la technologie qu'on vend, faut faire gaffe.

L'essence du film de Mamoru Oshii est passé au mixeur, exit les rapports à la technologie, même le ghost semble dénué de tout enjeu et réduit à un substrat de conscience mais pas plus, on s'en fout, ton corps est cybernétique mais tu as un cerveau humain, te pose pas de question Scarlett, tu retrouves ta maman tu peux vivre maintenant sans te poser de questions sur la nature profonde des avancées scientifiques et la place de l'humain modifié, amélioré ou détruit, perverti par une forme avancée de technologie, la place sociale d'un cyborg et surtout si celui est réellement doté d'une âme ou simplement guidé par des sentiments qui lui ont été dictés. Tu sais le Ghost de Ghost in the Shell, le titre du film quoi. Non, non, surtout t'emmerde pas avec ça, ça ne sert à rien et le spectateur est tellement con que ça le ferait réfléchir. Non, arrête toi là Scarlett et mets une tenue moulante avec des guns. Ouais là c'est bien, change rien.

Ce film est une vraie bouse, mieux vaut une séance de rattrapage avec l'anime de Mamoru Oshii quitte à se le revoir 4 fois d'affilé histoire de comprendre un minimum, mais surtout n'allez pas voir cette bouse de 2017 qui n'a rien à dire, se veut intelligent mais n'est que prétentieux, sans aucune idée de mise en scène à part celle du film original qu'il pille sans vergogne au plan près. Quand on a que ça à nous proposer autant fermer sa gueule et garder ses sous pour d'autres bouzasses qui auront peut-être quelque chose à nous apporter.