CinéFlon

24 mai 2017

Prometheus (2012) de Ridley Scott

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À l'occasion de la sortie d'Alien:Covenant, revenons sur le premier film d'un dyptique qui fait peur, idéologiquement j'entends...

Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant à bord du Prometheus jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend.

Voilà pour le pitch Allociné.

Ce que le pitch ne nous dit pas c'est que ce film est un film de Ridley Scott. Parce que Ridley Scott le revendique de manière quasiment biblique. Il FAUT dire que Prometheus est un film de Ridley Scott. Sinon ça n'a aucun sens, on n'en prend pas la mesure, on ne comprend pas tout simplement, on passe à côté.

Tout simplement parce qu'Alien est un film de Ridley Scott et et Ridley Scott revient sur les origines de la mythologie qu'il a créée. Ridley Scott, compris? RIDLEY SCOTT. Exit James Cameron et son Aliens, exit les artistes qui ont travaillé sur cette mythologie, exit tout le monde, RIDLEY SCOTT revient.

Voilà en gros ce qu'il faut savoir sur ce film con et qui se fout royalement du spectateur. Mais développons où je veux en venir. À 75 ans, Papi Ridley décide de revenir sur la franchise qui l'a fait connaître, chargé derrière lui de films comme Christophe Colomb, Gladiator, Kingdome Heaven ou encore le lourdingue Robin des bois, des films où la figure mystique apparaît progressivement pour finalement nous dire que Dieu c'est finalement ni plus ni moins que Ridley Scott lui-même, et tout ça sans parler du futur Exodus. Parce qu'il faut bien comprendre le bonhomme. Abonné aux questions métaphysiques et prêt à y répondre avec sa caméra, Scott est réalisateur de blockbusters à qui on laisse tout faire, parce que quoi qu'il fasse ça rapporte du pognon. Et ouais Ridley Scott est à la solde des costards cravates d'Hollywood, sans aucune âme, un bon artisan qui torche des grosses prods qui ramènent de la caillasse alors pourquoi pas continuer tant que papi casse la baraque. Et v'là-t-i pas qu'il veut revenir sur sa franchise originelle et nous pondre un bon gros film de SF se prétendant un film grandiose, un retour aux origines, un truc bien chiadé avec de grands questionnements mystiques et des réponses bien cadrées à toutes les questions qu'ont suscité la quadrilogie Alien. Allez filons lui un paquet de pognon et y a plus qu'attendre que la tune tombe. Sauf que Ridley entre temps et au fil de ses films s'est improvisé Grand Créateur revisitant les Mythes de l'Histoire humaine et que là ça va balancer sévère. À croire qu'il se prend réellement pour Dieu plutôt que chercher une place en maison de retraite.

Alors papi Ridley nous sert une bonne histoire de créateurs, des êtres qui auraient donné la vie sur Terre notamment et à tout un tas de bestioles, comme les... Aliens! Eh ouais, nous sommes le fruit d'une expérimentation extra-terrestre faite par des grands bonhommes tout blanc, bien baraques et qui nous ressemblent trait pour trait. Chez Ridley Scott c'est comme ça et pas autrement. Sauf que ces ingénieurs ont créé pire! Des bestioles capables de les décimer.

Bon, on se dit pourquoi pas. Alors les Humains là dedans? Bin on s'en branle. Enfin papi Ridley lui s'en branle bien puisque visiblement le développement des personnages a du être rayé du scénar. Passons sur une Charlize Theron qu'on ne sait pas ce qu'elle fait ici, des techniciens tous plus idiots que les autres (enlever son casque parce qu'il y a de l'air!), certains ne servant que de chair à canon inutile (le capitaine et ses deux lieutenants qui se sacrifient on ne sait pas pourquoi), des incongruités scénaristiques toutes plus bêtes les unes que les autres, la liste serait longue tant les personnages ne sont traités que comme des abrutis congénitaux. Seul David l'androïde semble avoir subi un traitement plus délicat, confirmant la vision désenchanté d'un auteur qui ne trouve plus de l'intérêt que dans les robots et les monstres. L'Homme ne sert plus vraiment à grand chose dans ce film, à part déclencher les péripéties et questionnements pseudos métaphysiques.

Non décidément Scott a fini de s'intéresser à l'homme qu'il créé sur la pellicule et préfère devenir un Dieu miséricordieux balançant quelques dilemmes par ci par là sans vraiment s'en soucier, les manipuler comme des marionnettes sans âme et leur faire traverser des aventures dont on se contrefout. Et puis tient pourquoi pas une scène chirurgicale où Noomi Rapace extrait de son corps un méchant bébé alien, histoire de rappeler aux geeks nostalgiques la Ripley du bon vieux temps, une femme forte et la thématique de la naissance et du rapport à la maternité propre à l'héroïne de la trilogie. Un manque tragique de finesse dans l'écriture et des ficelles grossières achèvent là un film qui avait tout à dire mais qui n'a finalement aucune trippe et délaisse prodigieusement son spectateur. Jamais nous n'entrons dans l'histoire, jamais il n'y a empathie si ce n'est pour le droïde (c'est dire!), jamais d'enjeux sérieux ne nous sont proposés à nous, spectateurs. Ridley Scott balance ses révélations sur l'origine de la vie, nous sappe par le même coup l'origine du Space Jokey tant fantasmé. Voilà, on peut résumer ce film à ça : une rationalisation de l'univers Alien qui pendant 30 ans a fait fantasmer les cinéphiles. Et bin maintenant c'est fini, le créateur est revenu sur sa créature et détruit son propre mythe.

Alors, avec tout ça, c'est sûr que perché là haut dans les cieux, le réalisateur nous torche un bon gros bidon de lessive SF chiadé certes, mais sans aucun intérêt.

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01 mai 2017

Wake Wood (2010) de David Keating

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Ah les petites productions indépendantes, bricolées avec 3 €, des acteurs à la ramasse, un scénario vu et et revu et le potentiel retour de la Hammer qui tente désespérément de refaire surface après quelques pépites il y a de ça 50 ans. Se rendre plus jeune grâce aux talents de nouveaux réalisateurs qui ne demandent qu'à exister et des scénarios qui tiennent sur une nappe de table, bien crasseuse, tâches de café et de vin de fin de banquet.

On en tient un là, de prototype de cette forme de production faite avec que dalle pour rentabiliser le peu d'argent investi et capitaliser sur une franchise old school qui ne trouve pas son second souffle. Pasque que faut pas déconner, bye bye la Hammer et la grandiloquence d'antan, bonjour le 21ème siècle où tout ou presque a déjà été fait.

On se retrouve avec un Wake Wood, vaine tentative de redonner ses lettres de noblesse à un studio par la cuvette des chiottes.

Résumons : Toujours traumatisés par la mort de leur fille unique, Alice, suite à l'attaque d'un chien enragé, Patrick et Louise déménagent dans la petite bourgade reculée de Wake Wood. Lui est vétérinaire, elle pharmacienne. Tous deux tentent de survivre à la mort de leur fille. Bientôt ils découvrent que les habitants de la bourgade ont d'étranges manies. Des trucs de sorcellerie qui permet de redonner vie à un être cher décédé dans les neuf mois pour lui permettre de revivre pendant 3 jours. Ni une ni deux les deux protagonistes prennent contact avec le maire, meneur de la cérémonie, pour retrouver leur chère Alice. Les choses se font et Alice revient.

Alors là on se pose des questions : Comment vont se passer ces 3 jours? Comment rendre leur fille au bout des 3 jours? Comment vont réagir les sorciers (on parle bien de sorcellerie?) quand ils apprendront qu'Alice est morte il y a 11 mois? Quid de la durée de gestion chez les hommes et les bovins? Les paysages seront-ils toujours aussi bucoliques après ces évènements?

Patrick donne naissance à un veau et le rituel y ressemble grandement quand sa fille est extraite d'un cocon de terre. Et puis on la lave et là elle vit. Oh mon Dieu elle est là présente, à nos côté, c'est si merveilleux. Filmé comme une pub Mirlaine, les retrouvailles sont merveilleuses, et vas-y que je cours dans le jardin et que je joue avec mes parents dans le meilleur des mondes. Ah c'est beau.

Non, non, faut pas déconner c'est filmé avec les pieds, monté n'importe comment et surtout le scénario est foireux jusqu'à son final tonitruant sans aucun sens (on a berné les sorciers parce qu'Alice est morte il y a 11 mois alors que c'est maxi 9 mois) avec une chute qu'on aurait préféré voir plutôt qu'un sous entendu absurde. Au moins on aurait notre dose de gore, d'images dérangeantes même si ça ne sert à rien, au moins on aurait quelque chose à se mettre sous la dent. On est dans la Hammer merde.

Le réalisateur s'avère plus à l'aise dans les images d'une Angleterre bucolique avec les oiseaux et les arbres plutôt que dans les scènes éprouvantes qu'il évacue d'un revers de main. Aucune scène angoissante, un peu comme si ça faisait peur au réal ou aux executives, alors que le propos s'y prêtait idéalement.

Bref un film de genre, certes, mais qui n'arrive jamais à décoller, à jamais prendre possession de son sujet, à rendre justice à la jeune actrice qui interprète Alice, toujours juste, à rendre perceptible le malaise de cette résurrection miraculeuse.

Et le plus triste c'est qu'on a rien d'autre à dire à propos de ce film, un film vendu par la Hammer comme un bidon de lessive ou plutôt comme des couverts jetables à tout à 2€, on le prend, on le mate difficilement et l'oublie bien vite en se matant un truc bien plus trippant comme Investigations ou Histoires criminelles...

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27 avril 2017

Quelques minutes après minuit (2017) de Juan Antonio Bayona

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Voyez le. Par n'importe quel moyen, voyez ce Quelques minutes après minuit.

0h17 exactement. Voyez le, c'est le genre de film indispensable et précieux qui n'arrive que rarement.

Tout, de l'histoire, des personnages, de la mise en scène à l'intention du réalisateur, tout porte la marque du génie. Bayona nous avait soufflé avec L'Orphelinat, il ne fait que confirmer son talent à traiter la thématique sur laquelle il travaille et d'une manière si magistrale que peu peuvent rivaliser avec lui. On pense à Spielberg et l'hommage n'est que peu par rapport à la préciosité du film. Le film de Bayona est un chef d'oeuvre et les contradicteurs n'ont qu'à fermer leur gueule parce que rien ne viendra ébranler ma profonde conviction que Bayona signe là un film indispensable, humaniste et touchant au coeur tous les spectateurs.

Comment parler d'un chef d'oeuvre? Déjà par son intention. Le film de Bayona n'a pas d'autre ambition que conter le combat d'un jeune garçon face à la maladie de sa mère. Lewis MacDougall livre une performance hallucinante face à sa mère Felicity Jones atteinte d'un cancer incurable. Livré à lui même et à une grand mère interprétée tout en justesse par une Sigourney Weaver au sommet, Conor (puisque c'est son nom) doit composer avec la vie, notamment un collège où il est le souffre douleur de quelques abrutis et la maladie dévorante de sa mère. Il se réfugie auprès d'un arbre vivant qui lui lui propose un deal : je te raconte trois histoires et tu me racontes la dernière, le cauchemar que tu fait chaque nuit. L'arbre qui prend vie vient du cimetière en face de sa chambre. Il se manifeste quelques minutes après minuit, à 0h07 précisément et embarque Conor dans des histoires allégoriques sur le Bien et le Mal et les subtilités qui les entourent. Le Bien et le Mal ne sont pas toujours ceux auxquels on croit et surtout nos choix entrainent des conséquences. Les allégories sont flagrantes et sans fard, les histoires ne tournent pas en rond et vont à l'essentiel ce qui ne fait que renforcer Conor sur la trajectoire qui l'attend, sur la maladie de sa mère.

Au-delà du film de monstre, ce film est un profonde oeuvre sur le deuil, comment l'accepter à tout âge, comment l'appréhender. Un film profondément humain, sur le déni et l'acceptation qui utilise le genre pour faire passer un message. Une véritable ode à la puissance de l'imaginaire consolatrice ou accompagnatrice dans les passages de notre vie. L'imaginaire n'a jamais aussi bien servi un tel propos. Il s'agit de la seule liberté qui nous est encore possible d'avoir, nous devons la cultiver, l'entretenir, la faire grandir et prendre soin d'elle. Elle est la seule alternative à Conor pour survivre dans ces conditions de maladie et de mort. La seule à laquelle il se raccroche. L'imaginaire est un vaste continent que jamais aucun politique ou banquier ne saura nous enlever et Bayona frappe juste, au bon moment, au bon endroit pour nous dire de nous y réfugier. Une profession de foi que peu en dehors de Spielberg ou Guillermo Del Toro ou Peter Jackson ne saurait nous convier. L'imaginaire est notre seule liberté dans ce monde aseptisé et il est le seul capable de nous parler de la vie quand nous en avons besoin. Bayona le sait et convoque une imagerie de synthèse mêlant aquarelle et infographie pour mieux nous faire plonger dans ces historiettes. Mais jamais cela ne dépasse celle (l'imagerie) de Conor si empreint de réalisme qu'elle nous prend aux tripes et aux larmes, celle d'un enfant confronté à la mort, à la perte de repère et à la reconstruction parce que lui est un survivant d'un drame qui se joue sous nos yeux.

Le film est une oeuvre formidable aux multiples lectures nous confrontant à une des vérités les plus cinglantes : nous vivons pour mourir. Si vous ne souhaitez pas vous confronter à cette dure réalité, ne voyez pas ce film. C'est un film qui ne cherche pas à vous ménager et saura vous faire pleurer comme rarement. Un film magnifique qui possède une telle maturité ne se manque pas. Il nous émeut, et clairement c'est l'objectif de Bayona. Il ne s'agit pas d'un film de monstre mais un hommage psychanalytique sur l'apprentissage au deuil. Le réel nous dit une vérité mais c'est le plongeon dans l'imaginaire qui va nous révéler la Vérité.

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17 avril 2017

Ghost In The Shell (2017) de Rupert Sanders

GITS

À quoi ça sert? Sérieux : à quoi ça sert? On passe le film à se le demander, et ça c'est pas bon. On a un métrage animé, certes de 1995, mais qui n'a pas pris une ride et on en sort un film hollywoodien avec des acteurs américains sur le territoire nippon, d'ailleurs Takeshi Kitano s'emmerde pas il parle japonais alors que tout le monde parle anglais. À quoi ça sert? On a les même scènes pompées une par une au plan près sans idée de mise en scène si ce n'est de faire pareil que le dessin animé. Alors à quoi ça sert? Franchement à quoi ça sert de mettre 110 M de dollars pour faire ce métrage sans âme, juste bon à nous présenter une Scarlett Johanson juste bonne à mettre des vêtements moulants? Parce que c'est bien la seule attraction de ce triste spectacle.

À quoi ça sert? Hollywood remake, reboot à tout bout de champ à croire qu'il ne sait pas quoi faire de son pognon.

En plus d'être un remake navrant de l'anime de Mamoru Oshi (parce qu'on ne me fera pas croire au retour au source du manga, faut pas trop nous prendre pour des cons au bout d'un moment), ce film ne tient pas debout une seule seconde. Exit les questionnements philosophiques du modèle, on épure un max parce que le spectateur est con et il faut continuer à le prendre pour un con, des fois qu'il se réveille entre 2 burgers et une bière. On va prendre Scarlett parce que dans la bouse de Besson, Lucy (faut-il le nommer), elle assurait un max alors capitalisons sur le crédit de ce film merdique et sur les tenues moulantes d'Avengers parce que la Scarlett elle est sexe.

Surtout pas de questionnement philosophique ou de dissertation sur la place de la technologie dans notre société, restons à liker sur nos téléphones ça suffit. Et puis on va lui coller une maman japonaise qui parle parfaitement anglais (j'ai vu le film en VO) alors que Takeshi, lui, il s'emmerde pas, faut pas faire chier non plus, il parle japonais et tout le monde comprend et hop on s'en tape le coquillard. De toute façon il a du dire que ça se passerait comme ça et comme on veut un guest prestigieux, bon, bah ok alors. Juliette Binoche, elle, fait l'effort de parler l'english, elle cachetonne mais elle parle la langue qui faut. Ah bah oui, voilà, le film s'adresse aux bouseux du monde entier donc on va se séparer de toute réflexion philosophique ou politique, ça ferait tâche et on va se concentrer sur Scarlett histoire de rentabiliser. Alors on va lui chercher un passé et un médiateur (english lui aussi) entre la réalité et celle virtuelle, l'insipide Michael Pitt, et on invente une histoire de hacking cérébral mais on ne va pas aller trop loin, juste assez pour aider Scarlett a retrouver son passé et là, BAM, on a une histoire. Scarlett retrouve sa maman la japonaise anglophone, ça facilite les échanges. En parallèle on dit que la robotique et l'évolution technologique c'est super dangereux, mieux vaut se contenter de rester à notre niveau, le téléphone portable et la tablette et se faire envahir de publicités qui nous veut que du bien puisqu'elle est en 3D. Contentons nous de ça, c'est déjà beaucoup pour nos esprits, ne cherchons pas plus loin, ça serait dangereux et sub... ah le mot en if.. sub... subversif! Eh ouais faut pas déconner avec ça, on s'adresse au monde entier faudrait voir à pas trop déconner. Sait-on jamais des fois que des mecs se posent des questions sur la technologie qu'on vend, faut faire gaffe.

L'essence du film de Mamoru Oshii est passé au mixeur, exit les rapports à la technologie, même le ghost semble dénué de tout enjeu et réduit à un substrat de conscience mais pas plus, on s'en fout, ton corps est cybernétique mais tu as un cerveau humain, te pose pas de question Scarlett, tu retrouves ta maman tu peux vivre maintenant sans te poser de questions sur la nature profonde des avancées scientifiques et la place de l'humain modifié, amélioré ou détruit, perverti par une forme avancée de technologie, la place sociale d'un cyborg et surtout si celui est réellement doté d'une âme ou simplement guidé par des sentiments qui lui ont été dictés. Tu sais le Ghost de Ghost in the Shell, le titre du film quoi. Non, non, surtout t'emmerde pas avec ça, ça ne sert à rien et le spectateur est tellement con que ça le ferait réfléchir. Non, arrête toi là Scarlett et mets une tenue moulante avec des guns. Ouais là c'est bien, change rien.

Ce film est une vraie bouse, mieux vaut une séance de rattrapage avec l'anime de Mamoru Oshii quitte à se le revoir 4 fois d'affilé histoire de comprendre un minimum, mais surtout n'allez pas voir cette bouse de 2017 qui n'a rien à dire, se veut intelligent mais n'est que prétentieux, sans aucune idée de mise en scène à part celle du film original qu'il pille sans vergogne au plan près. Quand on a que ça à nous proposer autant fermer sa gueule et garder ses sous pour d'autres bouzasses qui auront peut-être quelque chose à nous apporter.

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07 avril 2017

Le Hobbit : La bataille des cinq armées (2014) de Peter Jackson

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Quoi dire de plus qui n'a été déjà dit. Le film de Peter Jackson promet la bataille et nous offre la bataille sur un plateau, une bataille titanesque, grandiose, grandiloquente impliquant tous les peuples qu'il s'est échiné à mettre sur l'échiquier. Les effets spéciaux sont époustouflants, la fluidité est toujours aussi limpide, Peter Jackson ne sort pas de sa formule des précédents opus : offrir au public ce qu'il attend. Et le résultat est tout bonnement ébouriffants.

On pourrait parler technique et technologie pendant des heures sur cet opus de grande envergure mais il ne faut pas oublier l'émotion et elle est bien présente : pour preuve le destin de Thorin d'abord absorbé par la fortune retrouvée à Erebor après deux siècles de domination de Smaug, puis secoué par Bilbon, Thorin redevient le guerrier qu'il fut et dans une scène de bataille sur la glace réussit à vaincre le leader des orques, son grand ennemi, désolé je me perds dans les noms... Restent les survivants hommes d'Esgaroth, les Elfes de la Forêt Noire et les cousins nains des Collines de Fer qui apportent leur soutien aux treizes nains que nous supportons depuis le premier épisode. Tout ce petit monde affronte les Gobelins et autres Wargs sans compter sur la présence de Bilbon, Gandalf ou encore les aigles des Montagnes de Brume. Bref un mélange hétéroclite qui se fout sur la gueule pendant une bonne heure et demi, ça aurait pu être chiant mais comme je le disais dans les autres critiques Jackson est un conteur, et même un putain de conteur parce que tout ce gloubiboulga passe nickel et sans encombre, clair, net, avec des enjeux, passant du grand angle à l'épopée intimiste (l'histoire passionnelle entre l'elfe et le nain dont j'ai oublié les noms) avec une aisance déconcertante.

Je n'en dirai pas plus, tout le bien que je pense de Peter Jackson se trouve dans les critiques précédentes, entre Le Seigneur des Anneaux et le Hobbit c'est 13 ans d'une histoire passionnelle qui marquera à jamais l'histoire du cinéma dans tous les sens, techniques et émotionnels, des oeuvres profondément faites pour le public et uniquement.

Une grande leçon de cinéma.

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06 avril 2017

Le Hobbit : La désolation de Smaug (2013) de Peter Jackson

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Poursuite du visionnage du Hobbit avec maintenant plus de 3 ans de retard et je crois que ce retard est bénéfique.

Les 'Hobbit' auraient gagné à être sortis quelques années plus tard que leur sortie initiale parce qu'on ne se remet pas aussi facilement de la fascinante trilogie du Seigneur des Anneaux et quand je vois les nombreuses critiques sur internet, les films n'ont pas clairement été digérés pour aborder une nouvelle trilogie. Mais si la désolation de Smaug se fend tout de même de critiques élogieuses, Peter Jackson en prend un peu dans la tête traité parfois de cinéaste roublard et peu inventif.

Alors que c'est là, dans ces films, le précédent et celui-ci en tout cas, qu'il nous montre qu'il est un grand cinéaste sans cesse imaginatif, sans cesse à prendre en compte l'émotion qu'il suscite chez le spectateur. On pourra taxer de remplissage certains passages, notamment la forêt, les Elfes, où les humains mais c'est se méprendre sur la qualité scénaristique et donc cinématographique du bonhomme. On avance certes par un schéma codé de conflit/résolution répétitif jusqu'à arriver à Smaug mais toujours avec son lot de nouveaux personnages, de nouvelles intrigues, de nouvelles dimensions sur lesquelles Jackson bâtit son récit pour mieux étendre son filet et je pense nous clôturer ça dans un ultime volet (que je n'ai pas vu). En tout cas comme la dernière image nous le montre: la tension est à son comble.

Son Hobbit 2 est plus dense, plus noir, épique et spectaculaire, non dénué d'humour malgré tout, et reste une merveille pour les yeux et pour les sens.

J'en prends deux exemples : d'abord ce morceau de bravoure qu'est la descente en tonneaux des nains et du hobbit du torrent qui part du royaume des elfes, ses mêmes elfes les pourchassant et les aidant face aux orques prédateurs qui cherchent à tuer nos héros. La scène filmée avec virtuosité est d'une limpidité incroyable. Le spectateur ne perd jamais les points de vue de chaque protagoniste et j'imagine que la projection en 3D a été prodigieuse.

Second point et pas des moindres : Smaug. Rendre ce dragon si personnifié tient du génie. Délicat et subtil, puissant et dévastateur, Smaug se présente comme LA vedette de cet opus. Là aussi le visionnage en 3D a du être impressionnant avec sa tanière et ces torrents de pièces qui n'en finissent pas. Smaug et Gollum dépassent de loin ce qui a pu être fait en images de synthèse. Et manier le dragon avec une telle aisance que ce soit dans le script ou dans la façon de le filmer est une preuve de plus de la capacité incroyable de Peter Jackson à nous conter des histoires.

Parce que Jackson est un conteur, avec beaucoup d'autres qualités, mais c'est ce qu'il est avant tout. Un conteur sait de quoi il parle, le traduit dans un langage et surtout pense à son audience, ménageant ses émotions, de la fable intimiste et à l'épopée grandiose mais jamais, JAMAIS ne perd de vue son spectateur. Tout nous est offert dans ce film.

Bon allez quand même on pourra dire que le début de romance entre Tauriel et un des nains est un peu cul-cul ou que le père de Legolas paraît plus jeune que lui, que parfois certaines scènes servent un peu de remplissage pour obtenir un métrage de 2h30, que les mondes visités ont déjà été vus ou entre-aperçus dans le Seigneur des Anneaux mais bon quand on nous offre un spectacle féérique comme ça on va pas faire la fine bouche.

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05 avril 2017

Le Hobbit : Un voyage inattendu (2012) de Peter Jackson

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Pour commencer, je n'ai pas vu les films à leurs sorties, c'est un tort et c'est donc sur trois jours que je me fais une séance de rattrapage. Voici donc une chronique toute fraîche d'un film de 2012.

Et vlan. Une claque. Peter Jackson est un réalisateur qui à l'instar de James Cameron a tout compris de son art, le respecte et le fait avancer.

La preuve flagrante avec cette nouvelle trilogie du Hobbit qui contrairement au Seigneur des Anneaux n'est pas une tragédie humaine mais une véritable aventure sur les terres de Tolkien, construite pour nous procurer toutes sortes d'émotions et nous emmener là où nous sommes passés il y a dix ans et bien plus loin encore. Exploration du mythique univers créé par l'écrivain, l'imagination débordante dont fait preuve une fois de plus l'équipe créative montre toute l'audace d'un cinéma généreux, pensé pour le public tout en respectant avec intégrité le livre de Tolkien, en en puisant des éléments, en les mettant en scène avec une cohérence admirable et nous révélant de nouveaux décors, de nouveaux personnages, de nouveaux enjeux, une nouvelle mythologie, bref cette aventure se passe sur les terres déjà explorées mais dont nous n'avions qu'effleuré la beauté dans la première trilogie. Et puis revoir des gueules qui nous ont marqués et manqués à l'image d'un Gandalf au sommet de sa forme, ça c'est une putain d'émotion parce que nous, spectateurs, avions vécu intensément le Seigneur des anneaux, nous étions plongés dans cet univers, avions accordé foi en notre imaginaire, en notre capacité à créer un autre monde. En la capacité de Peter Jackson a nous faire nous envoler de nos sièges. Parce qu'il faut des 'corones' pour bâtir de telles oeuvres, une foi inébranlable dans la seule liberté qui nous reste à tous : l'imaginaire et l'art. L'art est une dialectique entre l'industrie et la création et Peter Jackson, Steven Spielberg, James Cameron ou encore Guillermo Del Toro l'ont tous compris. Peter Jackson grâce aux techniques encore plus développées de motion capture, de l'image de synthèse ou encore du passage à 48 images/seconde prouve une nouvelle fois qu'il est un précurseur et que bon nombre d'ersatz peuvent aller se rhabiller. Ce mec a une compréhension totale et absolue de son art et par sa mise en scène encore plus soignée impose de nouveaux standards en termes d'écriture cinématographique et de mise en scène. Car ce film est pensé, écrit et réalisé pour le cinéma, pour le public et ne dévie ni ne faiblit jamais en cours de route. Un cinéma généreux et immersif comme jamais, comme si peu savent le faire à cette échelle.

Que dire de plus?

Un résumé? Ne perdons pas nos bonnes habitudes, direction Allociné : Le Royaume perdu des Nains d'Erebor a été conquis par le redoutable dragon Smaug. Alors qu'il croise par hasard la route du magicien Gandalf le Gris, Bilbon Sacquet rejoint une bande de 13 nains dont le chef n'est autre que le légendaire guerrier Thorin Écu-de-Chêne. Leur périple les conduit au cœur du Pays Sauvage, où ils devront affronter des Gobelins, des Orques, des Ouargues meurtriers, des Araignées géantes, des Métamorphes et des Sorciers… Bien qu'ils se destinent à mettre le cap sur l'Est et les terres désertiques du Mont Solitaire, ils doivent d'abord échapper aux tunnels des Gobelins, où Bilbon rencontre la créature qui changera à jamais le cours de sa vie : Gollum. C'est là qu'avec Gollum, sur les rives d'un lac souterrain, le modeste Bilbon Sacquet non seulement se surprend à faire preuve d'un courage et d'une intelligence inattendus, mais parvient à mettre la main sur le "précieux" anneau de Gollum qui recèle des pouvoirs cachés… Ce simple anneau d'or est lié au sort de la Terre du Milieu, sans que Bilbon s'en doute encore…

Et nous retrouvons ce cher Gollum, perverti par l'anneau et son pouvoir fabuleux que Bilbon découvre bien malgré lui. Les nains sont traités avec malice et intelligence, un traitement non dénué d'humour qui rend leur compagnie encore plus attachante. Surtout il faut voir comment Jackson est capable d'îconiser Thorin Écu-de-Chêne qui lors d'une bataille avec les orques est filmé tel un Conan avec sa branche d'arbre dans la main et une lame dans l'autre. Un personnage de 1m10 filmé comme un guerrier ultime. Jackson sait rendre l'ampleur de ses personnages à l'écran et le fait avec brio. Martin Freeman est tout simplement parfait dans le rôle de Bilbon, chétif et aventureux, Ian McKellen peut nous emmener dans n'importe quelle aventure, on le suit avec fascination. Rien à dire de plus sur une histoire qui commence seulement et s'étendra sur les deux prochains films. Reste le plaisir de retourner là où nous nous étions aventurés. La bande originale nous rappelle les thèmes développés dans le Seigneur des Anneaux, et c'est un pur plaisir de les retrouver réorchestrés et développés vers de nouveaux horizons.

Bref, comment le dire autrement? Je suis conquis par ce premier volet, Peter Jackson est un putain de génie, qu'on se le dise, et j'attends Smaug avec impatience.

 

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03 avril 2017

7h58 ce samedi-là (2007) de Sidney Lumet

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Sidney Lumet revient. L'immense réalisateur de 12 Hommes en colère, Un après-midi de chien ou encore Serpico, à près de 83 ans, réalise ce thriller familial et nous preuve qu'il n'a rien perdu de sa grandeur.

Ne perdons pas notre bonne habitude, résumé Allociné : «Ce samedi matin-là, dans la banlieue de New York, tout semble normal dans la vie des Hanson. Alors que Charles, le père, passe un test de conduite, sa femme Nanette ouvre la bijouterie familiale. Leur fils aîné, Andy, s'inquiète pour le contrôle fiscal qui débute lundi. Et comme d'habitude, Hank, son frère cadet, se noie dans ses problèmes d'argent.Mais à 7h58, ce samedi-là, tout va basculer dans la vie des Hanson. »

Coupons court au suspense (puisque que tout arrive dès le début): tout bascule parce que les frères Hanson décident de braquer la bijouterie familiale à 7h58, ce samedi-là, ce samedi où normalement c'est l'employée de la bijouterie qui ouvre et non maman, le flingue devait être en plastique mais c'est un vrai et la bijouterie a une arme. Échange de coups de feux, le cambrioleur, enrôlé pour l'occasion est à terre, mort, maman aussi et Hank qui faisait le guet en bagnole se tire.

D'un script en béton armé, carré, efficace, sans faille, tirant toutes les ficelles de l'intrigue du premier au dernier plan, Lumet tire un thriller âpre et parle de la famille, notamment de la filiation avec une justesse sans égale. Les personnages de Hank et Andy sont tous deux sous le joug du carcan familial, ou plutôt paternel, un père qui aime ses fils mais qui ne sait pas leur dire, ou seulement au mauvais moment, et leurs vaines tentatives d'émancipation finissent en échec. Associé à cela, le carcan de la position sociale, du rang qu'ils occupent, sous pression, jamais émancipateur, les personnages des deux frères sont profondément pieds et mains liés et comme pour conclure cette défaite face à leur vie, c'est à l'entreprise familiale qu'ils s'en prennent. Une boucle. Le scénario nous offre une boucle, sans rien dire du final, tragique, magnifique, inattendu.

La mise en scène est incroyable de sobriété, nous offrant comme seul gimmick la multiplication des points de vue sur les scènes clés. Filmées de manières différentes, les scènes prennent toute leur ampleur comme des attaches scénaristiques cruciales, où tout commence à cet endroit précis de la mise en scène. Suivant ses personnages si proches, s'immisçant dans leur vivant et leurs problématiques personnelles (Hank doit payer la pension de sa femme et de sa fille qui ne veut pas le voir, Andy doit payer sa drogue et satisfaire une femme qui le trompe avec son propre frère), Lumet n'hésite pas à nous les rendre à la fois attachant pour Hank et vicelard et féroce pour Andy. Et puis pardon mais négligez Marisa Tomei, bon Dieu, faut vraiment être un con.

La multiplication des points de vue de personnages et temporels rendent le récit implacable comme les pièces d'un puzzle qui s'enchainent les unes aux autres pour ficeler une intrigue sans fausse note rivalisant d'ingéniosité malgré la profusion de situations et de personnages. Chaque personnage a son issue, Seul Hank disparaît à la fin et le père, figure tutélaire, reprend les rênes d'un monde qui lui a échappé. Du moins se venge imposant sa propre loi. Familiale ou éthique, à vous de juger.

Lumet signe donc un film à la mise en scène soignée, profondément imprégné par ses personnages, implacable, au scénario ficelé, aux petits oignons. Une œuvre simple, sans fioriture, sans superflus, efficace et en même temps d'un classicisme old school bienfaiteur, prenant son temps pour tisser son intrigue, ses personnages, les liens entre eux et résoudre un énigme poignante et sans concession. Une réussite.

 

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28 mars 2017

The Lost City Of Z (2017) de James Gray

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Ce film nous raconte l’histoire vraie du colonel britannique Percy Fawcett parti cartographié une zone inexplorée de la Bolivie. L’explorateur se prend de passion pour l’endroit et se lance à la recherche d’une civilisation millénaire dont il veut retrouver la trace. Il baptise le lieu qu'il recherche Z, comme écho à notre civilisation, le maillon manquant qui nous lie tous.

Ce qu'on peut affirmer c'est que nous tenons là un grand film de cinéma, lorgnant vers les classique du film d'aventure des années 60. Le tournage a été épique puisque James Gray a tenu à filmer sur les lieux en pellicule. La photo, splendide en Amazonie et en Angleterre, est signée du grandissime Darius Khondji (qui a travaillé avec Spielberg ou encore Fincher entre autres), et les plans superbement composés.

Le film commence par une partie de chasse au cerf en Angleterre, cerf qu'abat Fawcett, officier reconnu pour ses capacités mais jamais honoré de médaille d'aucune sorte. Le film n'aura de cesse de le mettre dans cette recherche intime de reconnaissance et d'une manière dichotomique d'émancipation des principes de la civilisation. N'est-il pas un des rares défenseurs de la place des indiens en tant qu'êtres humains, alors que la plupart de ses confrères ne les considèrent que comme des sous hommes ? Fawcett se présente comme un grand héro humaniste et philosophiquement en avance sur son temps mais qui s'oblige à garder et conserver les convenances de son époque. Les discussions avec sa femme le prouve : une femme doit rester au foyer et élever les enfants mais la femme n'a jamais autant d'importance que dans ce film. Sans elle, Fawcett n'est rien. J'ai la sensation que la femme de Fawcett a été traitée comme le personnage le plus humaniste, humble et philosophiquement au-dessus de tous les autres, y compris son mari. Elle élève et donne naissance, certes mais émane d'elle la toute puissance où vient puiser Fawcett son énergie.

Dans ce film, d'une richesse thématique incroyable, la position sociale joue un rôle prépondérant. Fawcett doit laver le nom de sa famille (on ne saura pas de quoi) et met un point d'honneur à exécuter sa mission, sombrant peu à peu dans une obsession d'une civilisation vierge et d'une cité mythique qu'il est sur le point de découvrir. Obligé de retourner en Angleterre, il obtiendra une médaille pour le succès de son entreprise mais Fawcett est ailleurs. La question de la représentation sociale s'efface progressivement au profit d'une vision purement humaniste de l'autre, la considération de l'indien ayant bien plus de valeur à ses yeux que les joutes verbales d'avec ses détracteurs. Même la Première Guerre mondiale ne viendra pas à bout de son rêve, le grade ne l'intéresse plus, seules pour lui l'exploration et la découverte de son antique civilisation sont les moteurs de sa vie, au point d'y emmener son fils. Autre thème majeur du film, la filiation. La femme de Fawcett donne naissance à trois enfants qu'il ne verra grandir que par intermittence, des enfants qui l'appellent père mais ne le connaissent pas, lui qui tend à honorer sa famille de ses grandes découvertes. Sa femme dans une scène clé du film où elle demande à l'accompagner lors d'une de ses expéditions lui jette au visage « Je ne serai pas résistante ? Sais-tu au moins ce qu'est un accouchement toi qui n'a jamais été là ? ». Fawcett aime ses enfants. Profondément. Mais d'impérieuses voix le réclament. Lui qui doit laver son nom, le refaçonne lui donne une autre dimension pour que ses enfants puissent avoir un père glorieux. L'aîné, qui lui reproche son absence dans une scène devient son partenaire à la fin.

Pour ce qui est de l'aventure, j'émets des réserves. Le spectateur est toujours à la lisière de basculer dans le film d'aventure mais jamais James Gray ne nous pousse. On reste finalement très en arrière de cette quête. On ne rentre jamais vraiment dans la découverte. La communication avec les tribus, par exemple, n'est pas développée, on a la vision d'un autre monde qu'on n'arrive pas à toucher, la folie du rêve de Fawcett n'est jamais réellement palpable comme celle d'Aguirre par exemple. Des sujets intéressants sont entièrement mis de côté ethnologiquement alors que pour ce genre de film, le spectateur est avide de découvrir, veut en savoir plus. Sur les indiens, leur mode de pensées, comment ils accueillent ces blancs, comment le dialogue s'établit et comment chacun y trouve son compte puisque l'aventure continue. On reste à la lisère comme si Gray, spécialiste du cadre intimiste de la ville, peinait à trouver une ouverture, un ton, une dimension émotionnelle dans la jungle pour y traiter des relations humaines et happer le spectateur.

Mais on ne va pas cracher sur une œuvre profondément humaine et humaniste, somptueuse techniquement, qui nous fait voyager sur des décennies dans une quête inespérée qui frôle le fantastique, un film humble que le réalisateur aura mis 7 ans à monter et dont la beauté, quoiqu'un peu scolaire, laisse des images gravées dans la tête bien longtemps après la projection.

27 mars 2017

The Neon Demon (2016) de Nicolas Winding Refn

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Ahlala ça va être dur.

Le pitch AlloCiné : Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d'autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.

Il est loin le temps de Pusher et de Bronson. Bronson, 2008. Presque 10 ans. Il est loin le temps où Nicolas Winding Refn avait des trucs à dire. On sentait le chemin dévier avec Valhalla Rising en 2009 (mais qui reste malgré tout pour moi un de ses films préférés, un peu creux certes mais qui résiste grâce à Mads Mikkelsen tatoué et bête de combat!!) et puis éclats de génie, 2011, Drive débarque et casse tout. Public et critique, tout le monde est d'accord, le film est génial. Puis les temps sombres de la pub et du navet Only God Forgives, film esthétique creux dont je ne suis toujours pas revenu. Et puis de la pub encore et des clips. Refn gagne des points d'expérience en technicité, en découpage, en éclairage, il amasse de l'expérience. Alors quand on entend parler de son retour au cinéma et qui plus est dans le film d'horreur, on se dit que le bonhomme va nous épater, ayant repris peut-être du poil de la bête, s'étant renfloué les poches en dollars grâce aux contrats de pub, peut-être que Only God Forgiven était une erreur de parcours et que le droit chemin du genre le reboostera le pépère Refn.

Eh bin non. Mais alors pas du tout.

The Neon Demon est une pure coquille vide bien branlée esthétiquement mais dont le discours est soit, au choix, inexistant, soit du niveau primaire. Le monde cruel de la mode est un monde cruel. Voilà à peu près ce que j'ai retenu. Mais attention grâce aux éclairages saturés, les ambiances lorgnant (mais alors là putain on en est très loin sans déconner) vers Suspiria, dont le réal revendique l'influence, à ses squelettiques gonzesses travaillant dans la mode, aux costumes, au maquillage appuyé, grâce à toute cette technique et le maniérisme obsessionnel de Refn, on croit qu'on va avoir droit à la déflagration tant attendu d'un auteur qui a su s'imposer, imposer son style et une image. Et c'est bien là le problème : Refn aujourd'hui n'est qu'une image. Il signe son film d'un logo : NWR comme Yves Saint Laurent avec YSL. Pareil. Même démarche égotique voire nombriliste.

Alors oui les plans sont chiadés, c'est merveilleusement cadré et éclairé, le découpage est méthodique, les personnages apparaissent telles des ombres sans âme, interchangeables parce que c'est la mode, et la mode ça te prend, ça joue avec toi et ça te jette comme une ordure. Mais pourquoi nous faire un film de deux heures pour en arriver à cette conclusion simpliste? Parce qu'il n'y a pas d'autres enjeux dans ce film. Une putain de coquille vide sans âme sauf si on accorde à un spot publicitaire de deux heures le statut d'oeuvre. On est au cinéma, on raconte des histoires, où elle est ta putain d'histoire? Où ils sont tes personnages? Qu'est-ce que tu as construit? Une immense coquille vide. Mais la coquille est belle, pleine de couleur et maniérée. Pour le reste, nada, que dalle, on s'en bat les steaks. Le personnage principal est translucide, jamais développé plus de 2 minutes, ni attachant, ni touchant, ni quoi que ce soit, on s'en contrefout royalement, c'est horrible. C'est même pas de l'épure c'est une véritable absence de scénario, de point de vue, de réalisation. Si encore on nous emmenait vers quelque chose de consistant, pourquoi pas. Mais là on nous livre un final que je ne vais pas spoiler mais qui est creux et d'une naïveté, putain, pourquoi tu nous fais ça et comme ça?

Quand Refn fait Pusher en 96, il rencontre un succès phénoménal, film bien foutu sur des petites frappes, on suit un héros tiraillé entre son activité de dealer et sa copine accro, menotté à ses activités et qui n'a qu'une envie, celle de respirer. Refn est tout de suite remarqué par Hollywood qui l'attire jusqu'à elle et lui fait pondre une merde avec John Turturro, flop total et qui l'endette à mort. De retour à la maison, il se trouve dans la merde, un enfant qui est arrivé entre temps, il se voit contraint pour renflouer les caisses d'écrire une suite à Pusher. Et c'est là où Refn est bon : dans la contrainte. Il pond Pusher 2, un film stratosphérique avec son ami Mads Mikkelsen sur la parenté et la filiation. Pareil pour Pusher 3 et surtout Bronson, film de commande qu'il transcende par la radicalité de son propos: on ne peut s'épanouir dans l'art que dans la contrainte. Trop de liberté nuit à la création.

The Neon Demon est le prototype même du dysfonctionnement de Nicolas Winding Refn. La liberté totale de création annihile toute velléité cinématographique du bonhomme. Il ne sait pas quoi raconter quand il est libre de le faire. Je pense, sans faire de recherche, que le cas Drive répond de cette obligation de remplir un cahier des charges imposé. Parce que le suivant Only God Forgives était un film fait par pur désir égoïste de l'auteur et une bouse cosmique sans âme. Valhalla Rising sentait déjà cette odeur de vide mais constitue à mon sens une réussite et donc une erreur dans mon raisonnement, je le reconnais. Mais ça sentait quand même pas trop bon (même si je l'adore, je me répète). Sans contrainte, Refn ne fait pas de bons films. Je le maintiens et attends avec impatience qu'il me prouve l'inverse.

En attendant et pour conclure, The Neon Demon est à mon sens un film esthétique sans scénario ni vision, du bel ouvrage fait avec soin mais profondément sans âme.

Posté par Mouflon_2017 à 22:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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